Fondamentalement, les grands objectifs de notre fondation (africaction) sont portés avant tout sur des réflexions concernant la promotion de l'enseignement de base en Afrique en général et au Tchad en particulier. Puisque le monde se ressemble de plus en plus à une mégapole, à notre avis, il est temps de tirer la sonnette d’alarme dans le but de sensibiliser davantage les peuples du monde à agir et re-agir avant qu’il ne soit trop tard. Car nous avons des documentations qui nous laissent croire que la situation des enfants en âge scolaire est alarmante en Afrique centrale.

Rien qu’au Tchad, en observant la situation, près de 35% d’enfants en âge scolaire n’ont pas accès, aujourd’hui à l’aube du nouveau millénaire, à l’éducation de base essentielle inhérente à la dignité de l’homme. Grave encore, un grand nombre de ceux qui sont inscrits à l’enseignement primaire abandonnent l’école avant même d’y avoir obtenu les acquis nécessaires à savoir une capacité raisonnable de lire, d’écrire et de compter.

 

Quant à l’analphabétisme général, le taux serrait placé aux alentours de 60% de la population dont environ les deux tiers sont des femmes et les trois quarts ne vivent pas dans les centres urbains. A cet effet, il est évident qu’on puisse dire qu’il y a urgence.

 

Il faut rappeler, par ailleurs, que le Forum mondial sur l’éducation de Dakar a fixé à la communauté internationale des objectifs fondamentaux très précis pour que l’éducation pour tous devienne une réalité d’ici 2015. En voici les six objectifs :

 

1-Enseignement de base pour tous,

2-Égalité entre les sexes,

3-Réduction de moitié du taux d’analphabétisme,

4-Amélioration de la qualité de l’éducation,

5-Développement des programmes relatifs aux compétences nécessaires dans la vie courante, et

6-Élaboration des programmes d’éducation de la petite enfance.

 

Ces objectifs à priori, coordonnés par l’Organisation des Nations unis pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Ils ont pour fonction de souligner, d’une part, le sérieux de la situation du système de l’éducation dans les sociétés les moins avancées; et d’autre part, de mobiliser les gouvernements concernés et les acteurs internationaux engagés dans la noble cause de joindre leurs initiatives et de travailler en étroite collaboration.

 

En ce qui concerne africaction, basé sur des perspectives et des programmes clairs, nous espérons que l’admission de tous les enfants, de sexe confondu, dans un établissement d’apprentissage soit réalisable. L’essentiel est que les enfants réussissent à obtenir une éducation de base telle que définie par les systèmes de l’éducation nationale de leurs pays.

 

Quant aux jeunes et adultes qui n’ont pas atteint le niveau fixé pour l’éducation de base ou qui en ont perdu les compétences, se voient offrir les moyens d’entreprendre une formation adaptée afin d’atteindre le niveau souhaité.

 

Quant aux objectifs de la fondation "africaction", ils visent essentiellement trois points à savoir :

 

1-L'amélioration de la qualité de l'enseignement de base dans la region,

2-Le développement des programmes culturels et linguistiques conjoints,

3-L'adhésion de tous les acteurs impliqués à une nouvelle perspective visant à renaître le système de l'éducation.

 

Au Tchad, aujourd’hui, hormis le manque des ressources financières, matérielles et humaines, l’apprentissage en soi, dans l’enseignement de base, devient insoutenable pour les enfants. La didactique imposée dans le système de l'enseignement de base est trop archaïque et difficile à suivre par un nombre important d'élèves. Car ce système d'apprentissage orchestré par les colons ne tient pas compte de nombreux facteurs socioculturels intrinsèques à la culture autochtone.

 

Parmi les facteurs fondamentaux, ceux qui suivent retiennent littéralement notre attention, à savoir la non-maîtrise de la langue d'enseignement, les troubles d’apprentissage scolaire d'origine psychosociale et le désintéressement grandissant des enfants vis à vis de l'école publique. Ces phénomènes compromettants qui étouffent le mode d'apprentissage, jour après jour, dans l'enseignement de base sont de plus en plus inquiétants au centre de l'Afrique.

 

Du point de vue théorique, depuis quelques décennies, la nouvelle vision des sciences sociales est très claire et par ailleurs, les sociologues n'ont jamais arrêté de fustiger la volonté de certaines puissances occidentales de vouloir imposer leurs propres modèles notamment aux peuples africains.  Cependant, il faudrait rompre purement et simplement avec ses anciennes pensées assises sur des spéculations déterministes. Celles-ci étaient toutes vouées à l’échec sur le continent africain notamment dans le domaine social puisqu'elles ne tiennent pas compte des réalités épistémologiques.

 

Dorénavant, on devrait s’inspirer  de la théorie interactionniste de Raymond Boudon basée sur la sociologie de l’action. Cette conception scientifique prend en considération toutes les valeurs culturelles à savoir les coutumes et traditions, ensuite elle met en avant plan la logique de toutes les réalités (sociales et économiques) des individus ou des communautés  directement concernées par les changements ou les réformes dans certaines mesures.

 

Ce faisant, nos objectifs sont réalistes et basés sur une vision réformatrice moderne qui propose des solutions durables au système de l’éducation de base actuel. On concidère, dans le même ordre d'idées, que l’enseignement de base devrait être piloté par une nouvelle représenntation axée sur une disposition de partenariat coopératif. Celui-ci mettrait en oeuvre un système de collaboration entre les acteurs politiques et les communautés locales. Par ailleurs, cette nouvelle conception permettrait aux membres de communautés locales d’accomplir des actions concertées dans un cadre populaire sous l’égide d’un conseil désigné.

 

Nous espérons que cette nouvelle structure offrira systématiquement aux peuples des principes préalables à une véritable démocratisation du système de l’éducation nationale.

 

Nous croyons, toute de même, que cette perspective pourrait conduire à une éventuelle modification de curriculum national et un profond remodelage des méthodes de l'enseignement actuelles. Toutefois, tous ces revirements doivent être orientés vers une nouvelle philosophie pédagogique appropriée. Celle-ci serait illustrée par une véritable annexion des langues nationales permettant un assouplissement du mode d’apprentissage élémentaire dans un nouveau cadre de gestion fondé sur un partenariat actif qui serait démocratiquement responsable.